Les 7 phases post diagnostic

Long est le chemin du diagnostic. L’adulte qui constate qu’il est différent progresse lentement dans la jungle, avançant d’un pas déterminé pour éclaircir sa vie et choisir de comprendre ce qui le rend parfois si malheureux, parfois si différent, souvent si décontenancé.

Ce que vit l’adulte après son diagnostic s’apparente aux étapes du deuil. Probablement parce qu’il re-vit sa vie avec un regard nouveau, il apprend à se connaître son un nouvel oeil et devient maitre de son comportement. Son avancée est une progression dans la connaissance de lui-même. Ce cheminement est compliqué, long et douloureux mais il est salvateur.

#1 Le choc

Je me souviens lorsque l’experte m’a annoncé mon diagnostic. De son point de vue il s’agit d’un cadeau “félicitation vous êtes asperger”, en face ce n’est pas la même chose, je ne l’ai pas vécu si bien. Ce qui était évident pour elle, à écouter son analyse, était choquant pour moi. Quoi! Mais c’est inimaginable! Je ne peux pas admettre…

#2 Le déni

Immédiatement après le choc est apparu le déni, à peine sorti de la salle de diagnostic que je pense que j’y étais déjà. Cette étape a été cruciale et extrêmement désagréable intérieurement, l’impression que mon âme greffait à mon corps, rejetait le greffon et tentait de s’extraire pour aller trouver un autre lieu où s’épanouir. Lors de cette phase, ma tête refusait totalement d’admettre l’état au point que je cherchais des raisons de ne pas être concerné. Etape courte mais essentielle car c’est pendant cette étape que j’ai pris connaissance des mots réels, de ce qu’impactait le diagnostic dans ma vie.

#3 La colère

Au delà même de la colère, j’aurai pu écrire la rage car il s’agit en réalité de vraie pulsations violentes (verbalement) qui jaillissent. L’interrogation tourne principalement autour du questionnement de l’évidence. Pour tous les experts et les aguerris du sujet, le diagnostic est évident, alors comment est-il possible qu’il arrive si tard ? Comment est il possible que personne n’ait rien vu avant ? Se rend on compte du mal que l’on peut faire aux gens différents à les forcer à se conformer à des mécanismes et des règles qui ne leurs sont pas adaptées ? Se rend on compte des talents dont la société se coupe simplement à cause d’une différence sociale (environnementale) ? Finalement la colère s’estompe et laisse place à la mélancolie, la tristesse.

#4 La tristesse

La colère n’est pas constructive alors peut-être qu’elle n’est pas utile ? Peut-être que finalement c’est moi qui n’est pas utile ? Peut-être que je n’apporte rien ? … Rapidement les pensées tristes remplacent les pensées rageuses. L’interrogation tourne principalement autour de sa propre place dans le monde, de sa capacité à intégrer et interagir avec le monde, de ses compétences et de ses limitations. La tristesse est cette étape essentielle qui permet de rapidement faire le point sur ses capacités et accepter que nous ne sommes pas là pour être comme tout le monde, nous sommes là pour montrer que notre différence est une force.

#5 La résignation

Ma différence c’est ma force, bien plus que cela, ma différence c’est ma manière de prouver au monde que plusieurs possibles sont accessibles. Je peux apporter autant que les autres, sans comparaison, simplement dans l’idée que ma valeur est unique et que mon action grâce à mes capacités cognitives est originale. Je suis certes résigné mais je suis également libéré.

#6 L’acceptation

Ma différence est là. Je suis différent. Le monde va apprendre à accepter ma différence. Je vais apprendre à accepter ma différence. Je ne l’imposerai pas, je la rendrai évidente.

#7 La reconstruction

Le nouveau moi est là. Je renais et je m’épanouis au jour le jour en apprenant à faire la différence entre suradaptation et surperformance, entre bonne et mauvaise fatigue, entre capacités et plaisirs.

Nos différences renforcent notre monde.

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