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Les préjugés ont la vie dure

Lorsque vous êtes investis par une mission, celle-ci dépasse le contexte professionnel, vous êtes généralement corps et âme impliqué dans la cause et vous avancez à découvert sur le sujet.

Progressivement, pas à pas, vous entrez en immersion dans un monde, et lorsqu’il s’agit de votre chemin, vous découvrez des gens formidables. Ces moments deviennent chacun de grands moments de vie. Chaque instant devient alors un instant magique qui dépasse l’idée d’avant et qui dépasse même vos attentes.

Depuis fin 2012, je suis investi dans une cause, je suis plongé dans ce que les experts 2016 appellent entrepreneuriat-social. Je n’aime pas cette expression. Elle n’est pas révélatrice de la réalité. Elle est réductrice. Elle laisse sous-entendre 2 idées qui ne sont pas cohérentes avec les-miennes:

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Idée reçue #1 : Il y aurait plusieurs types entrepreneuriat

Quelle étrange idée! Donc il y aurait d’un côté les entrepreneurs et de l’autre côté les entrepreneurs-sociaux. Et quelles seraient les différences ? Je n’en vois pas. Les 2 sont investis dans leur cause, ils se démènent, ils vivent leur projet, s’implique plus que de raison, perdent parfois la santé et la majorité en oublie la notion de temps. Se battent dans leur marché pour avancer, pour faire accepter leurs idées, pour motiver les changements, dynamiser les plus réticents. Reçoivent ponctuellement des encouragements, des félicitations, des remerciements ou des éloges. L’entrepreneur-social c’est la même chose. La seule subtilité c’est qu’il est investit dans une cause sociale, une cause humaine, une cause qui parfois (souvent) dérange et perturbe. Que ce soit pour un projet d’aide aux réfugiés, une entreprise de soutiens aux sans-abris, une application à destination de profils atypiques.

Le sujet de fond est perturbateur mais innovant.

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Idée reçu #2 : Toutes les bonnes idées trouvent financement

Non et loin de là même. De fabuleux projets existent aujourd’hui tant bien que mal et vivotent pour plusieurs raisons. Certains sont sur des niches si particulières qu’elles n’intéressent pas les investissements. Certains sont sur des sujets sensibles qui n’ont éthiquement pas d’investisseur. Certains sont bons mais n’ont pas de solutions d’exit, si l’investisseur met ses billes, c’est aussi pour les retirer grossies.

La richesse de notre pays tient dans cette activité associative et entrepreneuriale qui créée l’émulsion de savoirs et d’innovation.

Les plus grands projets commencent souvent par de petites idées.

Je vous disais donc, je suis investi dans une cause depuis 2012, et j’ai trouvé quelques soutiens dans cette cause. Des amis, d’anciens collègues, d’anciens clients, des parents et de parfait inconnus … Mon projet s’appelle Declic, il s’agit d’un réseau social d’aide aux parents d’enfants atypiques. Le sujet est posé. Aujourd’hui il existe des projets concurrents (en 2012 ça n’était pas le cas) et c’est une bonne chose, s’il y a des concurrents c’est qu’il y a probablement une marché.

L’idée est née d’un constat. Ma fille aînée est dite à haut-potentiel, ce qui signifie qu’elle a un QI supérieur à 130, si cette différence pouvait apporter la croyance qu’elle va pouvoir s’en sortir facilement à l’école (ou plus généralement dans la vie) c’est une idée reçue.

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Idée reçue #3 Les enfants à haut-potentiel intellectuel s’en sortent mieux

Les enfants surdoués (un synonyme, pas celui que je préfère) ont une intelligence différente, ils s’intéressent à des sujets différents, se passionnent pour des sujets qui interpellent pas leurs camarades du même âge. Ce décalage mental, cette maturité intellectuelle, créé une exclusion sociale progressive. Evidemment ce n’est pas 100% des enfants, mais c’est une majorité. Ces enfants finissent alors par adopter des stratégies :

  • stratégie 1 : paraître stupide, la stratégie dite du cornichon. Le principe qui provoque cette stratégie est simple, l’enfant se dit “mon problème vient de mon intelligence, je vais donc devenir bête”. Si votre enfant s’applique à l’être, il va créer un faux-self et s’enfoncera dans une morosité de vivre. Et vous voilà parti pour 10 ans de psy…
  • stratégie 2 : accentuer l’exclusion, “vous ne voulez pas de moi, soyez rassurés c’est moi qui ne veut pas de vous”. Si votre enfant s’exclut ce n’est pas non plus une solution, notre monde s’appuie fortement sur les réseaux, c’est ajouter de la difficulté dans son parcours. Et vous voilà parti pour 5 ans de psy…
  • stratégie 3 : être le bouffon du roi, votre enfant peut alors choisir une de ces options: devenir celui qui fait les devoirs pour les copains OU devenir celui qui fait le pitre pour amuser la galerie. Ces options ne sont évidemment pas idéales et provoquent une situation de malaise au fond de votre enfant qui généralement n’est pas satisfait de ce statut mais s’en contente. Et vous voilà parti pour 5 ans de psy …

Donc, comme je vous disais, ma fille a commencé a développé des stratégies pour s’intégrer (la mienne a choisi la stratégie 1) et avec ma femme nous avons commencé à parler avec les autres parents d’élèves et côtoyer de plus en plus de parents d’enfants aux profils tout aussi atypique que celui de ma fille.

J’ai alors constaté 2 constantes chez l’ensemble de ces parents.

  • Les parents ne veulent pas de miracles, ils cherchent des solutions pragmatiques pour résoudre leurs problèmes du quotidien. Comment apprendre les tables de multiplications ? Comment faire pour que mon fils est un ami ? Comment simplifier la gestion des devoirs le soir ? Connaissez vous des associations de petits passionnés d’astronomie ? etc.
  • Les parents ont tous essuyé des plâtres avec des professionnels de l’éducation, de la santé, du paramédical, du soutien… Dans le domaine, comme dans tous les autres domaines, il y a du bon comme du mauvais. Et étrangement, nous (parents) tombons plus rapidement et plus facilement sur les mauvais.

L’idée a alors germé. Si je mettais en place une plateforme qui permette de regrouper les adresses et les tips. Et de là est né Declic. Une plateforme où les parents retrouvent l’actualité, les adresses d’associations, de professionnels, d’écoles spécialisées.

Le temps a coulé sous les ponts, l’offre s’est étoffée. Nous avons réussi à sortir une application android, une application iphone et une webapp. Mais le domaine des surdoués n’est pas le seul concerné. L’offre s’adresse à tous les atypiques. Car, contrairement à ce que vous pourriez croire, les gens concernés ne sont pas si peu nombreux…

Présentation Declic 2016

Mon investissement dans la cause n’était pas suffisant. J’avais besoin de m’investir plus, personnellement, parce que c’est ma manière à moi de collaborer à l’amélioration de notre monde. Je voulais permettre à chacun de progresser.

J’ai l’immense honneur d’avoir en ami très proche l’un des co-fondateurs de LeCarillon.org un projet qui permet aux sans abris de trouver une intégration sociale par différentes approches, parmi lesquelles la soupe impopulaire, les stickers commerçants, le réseau des ambassadeurs, la confection de cookies, la restauration de vélos ou la mise en place de jardins collectifs publics. Cette cause m’a paru juste et puissante. Je m’y suis investi. Non pour la gloire, pour le bonheur de trouver des solutions. Je leur apporte mon aide sur toute la dynamique digitale. J’adore cela, mais j’avais besoin de plus.

J’ai choisi alors de changer de métier, de m’investir également professionnellement dans une cause qui me concerne et qui me parait juste. J’ai choisi de rejoindre ASPertise, une société de services numériques qui s’appuie sur la force cognitive des personnes à haut-potentiel et/ou asperger pour des métiers à forte valeur ajoutée notamment dans le secteur de la Cybersécurité ou du Big Data. Vous comprenez certainement pourquoi j’ai choisi d’intégrer cette compagnie. Ce projet est juste, il me permet de m’investir dans cette cause à plein temps. A titre personnel et professionnel.

Le temps est relatif et il ne s’écoule pas lorsque vous êtes passionnés.

Je vous invite à croire en vous, à trouver au fond de vous le sujet qui vous passionne et à vous y plonger. La passion permet la persévérance. Si vous avancez avec passion, vous avancerez avec soulagement et détermination, vous avancerez avec conviction et vous ferez de belles rencontres. Et surtout, ce qui vous étonnera c’est la magie de la synchronicité.

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