Manager l’homme

La puissance des mots est souvent sous-estimée. Peu de personnes ont conscience que la parole portée par un manager a un impact conséquent sur plusieurs aspects relationnels.

D’abord, le manager véhicule une philosophie, de manière générale il entraine le groupe dans une direction avec un état d’esprit. Son optimisme, son entrain et ses relations humaines portent les troupes dans une direction avec une volonté plus ou moins marquée de s’impliquer. L’implication n’est pas liée à la rémunération, les gens imaginent qu’il suffit de rémunérer ou d’ “insentiver” pour impliquer.
La bonne humeur et la volonté sont des valeurs qui motivent bien plus. Le propre de la motivation est de pousser et de surpasser, la question est de se demander comment la motivation apparait.
L’entrain, la volonté sont des valeurs contagieuses.

Si un Homme est de bonne volonté, qu’il agit, qu’il essaye, qu’il avance, il peut échouer, il peut manquer, mais il gardera à l’esprit l’idée d’essayer. Alors vous créez un cercle vertueux. Vous lui permettez de créer un entrain. Ce petit plus qui lui donne envie d’agir et de continuer.
En revanche, si vous mettez un frein à l’échec en contraignant l’essai à la réussite, en limitant les tentatives seulement à l’accession de résultats, vous faites apparaitre une appréhension. L’appréhension liée à la peur du jugement et de la sanction. Cette appréhension va créer le frein qui bloquera l’avancement. Le rôle du manager n’est pas de freiner, le rôle du manager est d’inciter.

Cette logique ne signifie pas de tout accepter ou laisser à la dérive. Cette logique signifie de laisser libre l’essai et de sécuriser l’erreur par une capitalisation de l’informations, le knowledge management devient l’outil essentiel du manager.

Cas concret (cas volontairement simpliste pour l’illustration).
Un développeur souhaite livrer un script qui permette de lire du contenu, de l’éclater dans une base de données puis d’en extraire une information pertinente pour un rapport. Le développeur livre un produit qui répond aux besoins mais n’a pas d’évolution possible.
Capitalisons, gardons à l’esprit ce manque et remettons nous en cause.

En tant que manager, je me remets en cause, l’erreur n’est pas le centre de ma préoccupation. L’Homme reste le centre de ma préoccupation: je ne veux pas que le développeur ait une appréhension à l’initiative (pour un futur projet). Je sécurise la procédure pour m’assurer en amont que le prochain projet ne permettra pas de réitérer l’erreur. Je rajoute dans le cahier des charges un chapitre “évolution”.

Ensuite, l’environnement de travail facilite la motivation. Un environnement adapté est un environnement qui facilite les échanges humains. Plus les Hommes ont les échanges simplifiés, plus les projets seront motivants. Contrairement aux idées reçues les développeurs ne sont pas autistes anti-relationnels, simplement leur métier nécessite des périodes d’immersion et de concentration pour conceptualiser, coder et limiter les erreurs.

Cas concret (simpliste aussi).
Un développeur souhaite prendre l’initiative de retravailler une section de code qui pose régulièrement des problèmes aux équipes. Les procédures de l’entreprise demandent que le développeur formule par écrit son projet avant de travailler sur le sujet. Il est fort à penser que le développeur ne travaillera pas de son propre chef sur le code par peur d’un refus hiérarchique.

En tant que manager, mon rôle est de propulser l’initiative et d’aider le développeur à suivre son initiative. Je mets alors en place un principe de temps d’autogestion. Le développeur est libre de plage horaires par semaine (par exemple) pour travailler sur des points de son choix, tout le monde est gagnant. Le développeur se sent libre d’agir et gagne en confiance car il va monter progressivement en compétences sur des actions de son choix. Le manager dispose d’une ressource dont la motivation est au-moins maintenue.

La fidélisation par l’entrain et l’ouverture est une clé de maintient du dynamisme.

La synergie et le développement personnel sont liés à des facteurs humains que propulsent intentionnellement le manager. Les Hommes sont la force de l’entreprise, leur motivation la puissance.

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