Politique et Autruche

J’aimerai comprendre ce qui me rend différent, j’aimerai comprendre ce qui me permet parfois de sentir les vents d’incohérences qui poussent nos décideurs politiques vers des solutions hors-du-temps ou dangereuses.

Sans vouloir entrer dans le détail complexe du montage du sujet, j’aimerai aborder les Accords Transatlantiques. Ce traité est négocié et discuté totalement en sous-marin par un groupe de décideurs pour la plupart élus officiellement “pour le bien de nos peuples”. Leurs agissements sur le sujet me fait m’interroger sur la définition du bien d’un peuple. Soit je n’ai pas toutes les données, soit je suis incohérent et je m’offusque de sensibleries qui ne me concernent que moi.

Les accords transatlantiques, pour principe de base : “ Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les gouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? ” Prenez donc le postula que les états pourront devoir rendre des comptes à des entreprises privés qui n’ont pour unique objectif que la rentabilité. Si l’on se tient à la différence de fondement entre un État et une Entreprise, on s’aperçoit de l’incohérence du sujet.

Un état a un rôle double, dont le curseur est à placer par la population et/ou ses représentants. Le premier rôle est celui de régulateur. C’est-à-dire que par principe fondamental, l’état valide ou non la bonne application d’une loi et son intégration concrète dans la société moderne. Ce rôle de régulateur s’appuie aussi sur son deuxième rôle de service publique. Au delà de la notion de régulation, l’état permet l’accession et la diffusion de service dont il est fait abstraction de rentabilité.

Une entreprise a un double rôle. Le premier rôle est de créer de la valeur ajoutée. Cette valeur ajoutée est fondamentalement liée à deux notions essentielles. La première notion est celle de rémunération, de prestation rémunérée. La deuxième notion est celle d’offre de produit (on inclut ici la notion de service que je classe comme un produit dématerialisé). Le deuxième rôle est un rôle qui lui a été associé mais qui en réalité est une conséquence du premier, il s’agit du rôle social d’intégration et de développement de l’Homme. Je considère ce rôle pour l’entreprise afin d’éviter les malentendus sur le sujet d’une entreprise qui aurait du chiffre d’affaires sans homme. Elle n’existe pas. Aujourd’hui il faut au moins 1 homme…

Si je confronte les principaux rôles de ces deux acteurs, je constate que principalement ils tirent les rapports aux deux extrémités de l’échelle capitaliste. C’est d’ailleurs cet affrontement qui rend les rapports souvent tendus entre le régulateurs et l’entrepreneur ; entre le service public et l’offre de service. Si nous revenons aux accords transatlantiques, l’objet du texte est de permettre à une entreprise de forcer un régulateur à changer pour aller dans le sens de la rentabilité choisie de la-dite entreprise:

Sous un tel régime, les entreprises seraient en mesure de contrecarrer les politiques de santé, de protection de l’environnement ou de régulation de la finance mises en place dans tel ou tel pays en lui réclamant des dommages et intérêts devant des tribunaux extrajudiciaires.

Si je vais plus loin, une entreprise dont les intérêts sont liées à sa prestation, pourra demander à un régulateur dont les intérêts sont de protéger ses électeurs de changer et de prendre la direction de cet intérêt hors frontières. Ainsi les accords accélèrent le nivèlement des foules et l’homogénéisation des cultures. Chacun ayant à suivre des intérêts de groupes internationaux qui n’ont pas de culture ou de régionalité et qui poussent les intérêts et les rentabilités à leurs paroxysme.

L’Homme est avant-tout un être vivant qui s’appuie sur la nature pour vivre, en développant ces chemins de capitaux, il amoindrit la force de sa culture naturelle et il accentue sa prise de distance avec la bio-diversité. Pour apprendre à aimer son environnement, il est nécessaire de prime abord d’accepter les diversités.